Le blog du Rajad

Cameroun : les grumiers font des dégâts sur leur passage

Posted on: 7 février 2013

Des grumiersLe transport du bois a parfois un prix élevé pour les communes traversées par les camions de grumes. Les accidents sont nombreux, causant parfois la perte de vies humaines. Les villageois ont le plus grand mal à obtenir réparation. Dans l’indifférence des autorités.

 

Depuis l’accident du premier grumier qui a vu le pont se casser, celui ci n’a toujours pas été réparé. Nous demandons à quand la réparation du pont ?”, se plaint Hélène Meye, une habitante de Bongahèlè, un village situé sur l’axe routier Kribi-Campo. Dans cette localité desservie  par des grumiers de la Société Camerounaise d’Industrie et d’Exploitation des Bois (Scieb), partenaire de la Wijma Cameroun S.A, les billes de bois jonchent les trottoirs. “Je crois que c’est la vitesse des grumiers qui causent ces dégâts.”, croit savoir Michel Tome, opérateur économique  et notable à la chefferie de Bongahèle.

Route barrée

Hélène Meye n’a rien oublié des accidents. “Un samedi à 2 heures du matin, nous avons entendu un grand bruit au niveau du pont du village de Bongahèlè-Jambwouè. Quand nous nous y sommes rendus, nous avons constaté qu’un grumier venant de Campo s’était renversé et qu’une grande partie était dans l’eau”, raconte-t-elle. Le même scénario va se reproduire quelques jours plus tard. “Un autre camion est tombé avant le pont et les billes sont toujours sur place. Cela a été une succession d’accident qui, à mon avis, sont toujours causés par l’excès de vitesse“

Le bois déversé bloque la route et gêne la circulation. Les entreprises forestières, propriétaire du bois ne se mobilisent nullement pour les enlever. Les villageois sont alors obligés de dégager le passage. “Les voitures, explique Hélène, ne pouvaient plus circuler. Le matin, on a pu tirer le grumier et les billes de bois. Mais la route est restée encombrée ”.

 

Sommés de dégager le bois

Finalement, grâce à des démarches menées pendant de longs mois par  Edouma Lobe, le chef du village Bongahè, les autorités ont finalement apporté des solutions. Les billes de bois ont été enlevées et transportées à la base de la Wijma Cameroun S.A à Bidou. Ceci, un an après leur abandon. En violation de la législation forestière qui prévoit l’enlèvement du bois laissé le long des routes dans un délai de 30 jours. “Les responsables de la Société WIJMA m’ont dit qu’ils avaient été sommés par l’administration de dégager les billes de bois…Je  leur ai fait signer une décharge  qui me permet de savoir leur destination ”, explique le chef du village.

Plus grave encore, les villageois ne sont pas dédommagés en cas de pertes en vie humaine. “Nous avons déjà perdu deux jeunes hommes à cause de ces billes de bois. Il y a eu un coup de frein de grumiers qui a fait perdre l’équilibre à l’un d’eux il s’est retrouvé sous un pick up qui l’a écrasé.”, s’indigne Michel Tome, déplorant l’abandon des familles éplorées. “L’administration a été saisie, mais rien n’a été fait”, s’indigne-t-il.

Contactés dans leur scierie située à Bidou 1, les responsables de la Société forestière WIJMA n’ont pas voulu s’exprimer. “Prenez contact avec la Direction générale de la Scieb, notre partenaire chargée du transport des billes de bois à Douala”, ont-ils répondu.

Malheureusement, la législation ne prévoit pas la réparation du préjudice subit en cas d’accidents causés par les grumiers. “Les accidents de la route relève du droit commun. Les victimes doivent saisir les tribunaux”, martèle Gérard Mendoula, un fonctionnaire du ministère des Forêts.

Jean Ismael Bekile et Anne Matho (JADE)

 

 

Encadré

 

Que prévoit la loi en matière de bois abandonné ?

 

“Les billes abandonnées dans les parcs à bois en forêt et le long des routes font l’objet d’un constat dressé sur procès-verbal par le responsable local de l’administration chargée des forêts”, stipule l’article 112 du décret n° 95/531/PM du 23 août 1995 fixant les modalités d’application du régime des forêts. Une sommation est alors notifiée aux propriétaires du bois, en vue de son enlèvement immédiat. En cas de refus d’obtempérer, ils perdent tout droit de propriété sur ce bois abandonné. “Trente jours après la notification, le  bois est  réputé appartenir à l’Etat”, tranche le décret. Ils sont vendus. Quant aux contrevenants, ils s’exposent à des pénalités.

La vente de ce bois est régit pas des règles précises. “Toute personne désireuse de récupérer du bois échoué doit en faire une demande timbrée auprès du responsable local de l’administration. La récupération est faite après paiement par l’intéressé du prix de vente dont le montant est fixé par la loi de Finances”, précise l’article 113 du décret de 1995.

Anne Matho (Jade)

 

Les articles sont produits avec l’aide financière de l’Union Européenne. Le contenu de ces articles relève de la seule responsabilité de JADE Cameroun et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’union Européenne.

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